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MessagePosté : 18 Février 2020, 21:19 
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CHAPITRE IV
LA PROVIDENCE SELON L'ÉVANGILE

CHAPITRE V
LA PROVIDENCE ET LA PRIÈRE


La prière coopère au gouvernement divin

Si nous sommes attentifs à ces rapports si profonds de la prière et de la divine Providence, nous voyons que la prière est certes plus puissante que l'argent, plus puissante que la science. La science fait des merveilles, mais elle s'acquiert par des moyens humains et produit des effets qui restent dans les limites humaines.

La prière, elle, est une force surnaturelle, dont l'efficacité vient de Dieu, des mérites infinis du Christ, de la grâce actuelle qui nous porte à prier ; c'est une force spirituelle plus puissante que toutes les forces naturelles prises ensemble. Elle peut nous obtenir ce que Dieu seul peut donner : la grâce de la contrition, de la charité parfaite et de la vie éternelle, qui est la fin même du gouvernement divin, la manifestation ultime de sa bonté.

Nous avons particulièrement besoin de penser à la nécessité et à la grandeur de la vraie prière ; surtout de la prière unie à celle de Notre-Seigneur et de la Vierge en ce moment où tant de périls menacent l'Europe et le monde entier, en ce moment où le désarroi général doit nous être par contraste un stimulant à penser tous les jours que nous sommes non pas seulement sous le gouvernement souvent déraisonnable, imprudent des hommes, mais sous le gouvernement infiniment sage de Dieu qui ne permet le mal qu'en vue d'un plus grand bien, et qui veut que nous coopérions à ce bien, par une prière chaque jour plus sincère, plus profonde, plus humble, plus confiante, plus persévérante, par une prière unie à l'action, pour que chaque jour un peu mieux se réalise en nous et autour de nous la demande du Pater: Fiat voluntas tua, sicut in cœlo et in terra.

A l'heure où le bolchevisme fait tant d'efforts contre Dieu, il importe de le redire plus sincèrement, non seulement par les paroles, mais par les actes, pour que le règne de Dieu se substitue de jour en jour à celui de la convoitise et de l'orgueil.

Ainsi nous saisirons de façon concrète et pratique que Dieu ne permet les maux de l'heure présente qu'en vue d'un bien supérieur qu'il nous sera donné de voir, sinon ici-bas, après la mort.

QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE PREMIER
POURQUOI ET EN QUOI NOUS DEVONS NOUS ABANDONNER A DIEU


La doctrine de l'abandon à la divine Providence, manifestement fondée sur l'Évangile, a été faussée par les quiétistes qui se sont laissés aller à la paresse spirituelle, ont plus ou moins renoncé à la lutte nécessaire à la perfection et ont gravement diminué la valeur et la nécessité de l'espérance, tandis que le véritable abandon est une forme supérieure de la confiance ou espérance en Dieu.

Mais on peut s'écarter aussi de la doctrine de l'Évangile sur ce point par un défaut opposé à celui des quiétistes, et ce défaut opposé à leur paresseuse quiétude est l'inquiétude vaine et l'agitation.

Ici comme ailleurs la vérité est un point culminant, au milieu et au-dessus de ces deux erreurs extrêmes opposées entre elles. Il importe donc de bien déterminer le sens et la portée de la vraie doctrine de l'abandon à la volonté de Dieu, pour se préserver des sophismes qui ne contiennent qu'une fausse apparence de perfection chrétienne.

Nous verrons d'abord pourquoi, puis en quoi nous devons nous abandonner à la Providence. Nous verrons ensuite comment nous devons nous y abandonner et quelle est la conduite de la Providence à l'égard de ceux qui s'abandonnent à elle absolument.
Nous nous inspirerons de la doctrine exposée par saint François de Sales, Bossuet, le Père Piny, O. P., et le Père de Caussade, S. J.

Source : Livres-mystiques.com

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MessagePosté : 19 Février 2020, 21:16 
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QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE PREMIER
POURQUOI ET EN QUOI NOUS DEVONS NOUS ABANDONNER A DIEU

Pourquoi devons-nous nous abandonner à la divine Providence ?


Tout chrétien répondra : à cause de sa sagesse et de sa bonté. C'est bien certain, mais pour le bien entendre et éviter l'erreur quiétiste qui renonce plus ou moins à l'espérance et à la lutte nécessaire au salut, pour éviter aussi l'autre extrême : l'inquiétude, la précipitation et l'agitation fébrile et stérile, il convient d'énoncer quatre principes déjà accessibles en un sens à la raison naturelle et clairement exprimés par la Révélation dans l'Écriture. Ce sont les principes mêmes de la vraie doctrine de l'abandon, ils nous en montrent le motif.

Le premier de ces principes est celui-ci : Rien n'arrive que Dieu ne l'ait prévu de toute éternité et qu'il ne l'ait voulu ou du moins permis.

Rien n'arrive, soit dans le monde matériel, soit dans le monde spirituel, que Dieu ne l'ait prévu de toute éternité, car il ne passe pas comme nous de l'ignorance à la connaissance, et les événements ne peuvent rien lui apprendre de nouveau. Non seulement Dieu a prévu tout ce qui arrive et arrivera, mais, dans ces choses, ce qu'il y a de réel et de bon, il l'a voulu, et ce qu'il y a de mal, de désordre moral, il l'a seulement permis. La sainte Écriture, nous l'avons vu, est formelle sur ce point, qui ne laisse place à aucun doute, comme l'ont déclaré les Conciles.

Le second principe est que Dieu ne peut rien vouloir et rien permettre qu'en vue de la fin qu'il s'est proposée en créant, c'est-à-dire qu'en vue de la manifestation de sa bonté, de ses perfections infinies, et en vue de la gloire de l'Homme-Dieu, Jésus-Christ, son Fils unique. Comme le dit saint Paul, I Cor., III, 23 : « Tout est à vous, mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu : Omnia enim vestra sunt, vos autem Christi, Christus autem Dei ».
A ces deux principes s'ajoute celui-ci, formulé encore par saint Paul aux Rom., VIII, 28 : « Nous savons que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son éternel dessein » et qui persévèrent dans son amour.

Dieu fait concourir à leur bien spirituel, non seulement les grâces qu'il leur accorde, non seulement les qualités naturelles qu'il leur a données, mais aussi les maladies, les contradictions, les échecs, jusqu'à leurs fautes, dit saint Augustin, qu'il ne permet que pour les conduire à une humilité plus vraie et par là à un amour plus pur, comme il permit le triple reniement de saint Pierre pour le rendre plus humble et plus défiant de lui-même, par là même plus fort, plus confiant en la divine Miséricorde.

Ces trois premiers principes se résument donc ainsi : « Rien n'arrive que Dieu ne l'ait prévu et voulu ou du moins permis ; il ne veut rien et ne permet rien que pour la manifestation de sa bonté et de ses perfections infinies, pour la gloire de son Fils et le bien de ceux qui l'aiment ».

Ces trois principes nous montrent que notre confiance dans la Providence ne saurait être trop filiale, trop ferme ; nous pouvons même dire qu'elle doit être aveugle, comme la foi qui porte sur les mystères non évidents, non vus, fides est de non visis ; nous sommes en effet certains d'avance que c'est au bien que la divine Providence ordonne infailliblement toutes choses, et nous sommes plus sûrs de la rectitude de ses desseins que de la droiture de nos intentions les meilleures.

Nous n'avons donc, en nous abandonnant à Dieu, rien à craindre; que de ne pas lui être assez soumis.

Mais ces derniers mots nous obligent à formuler, contre le quiétisme, un quatrième principe, non moins certain que les précédents : cet abandon ne nous dispense pas évidemment de faire ce qui est en notre pouvoir pour accomplir la volonté de Dieu signifiée par les préceptes, les conseils, les événements ; mais, quand nous avons loyalement voulu l'accomplir au jour le jour, nous pouvons et devons nous abandonner pour le reste à la volonté divine de bon plaisir, si mystérieuse soit-elle, et éviter l'inquiétude vaine et l'agitation.

Source : Livres-mystiques.com

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MessagePosté : 20 Février 2020, 21:28 
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QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE PREMIER
POURQUOI ET EN QUOI NOUS DEVONS NOUS ABANDONNER A DIEU

Pourquoi devons-nous nous abandonner à la divine Providence ?

Ce quatrième principe est équivalemment formulé par le Concile de Trente, sess. VI, c. 13, lorsqu'il dit que tous nous devons très fermement espérer dans le secours de Dieu, et nous confier en lui, en veillant à l'accomplissement de ses préceptes.

Le proverbe commun dit aussi : « Fais ce que dois, advienne que pourra ».
Tous les théologiens expliquent ce qu'est la volonté divine signifiée par les préceptes, l'esprit des conseils et les événements.

Ils ajoutent qu'en nous conformant à cette volonté signifiée[, nous devons nous abandonner à sa volonté divine de bon plaisir, si cachée soit-elle, car nous sommes sûrs d'avance que c'est pour le bien qu'elle veut ou permet saintement toutes choses.

Il faut ici particulièrement noter ce qui est dit dans l'Évangile de saint Luc, XVI, 10 : « Celui qui est fidèle dans les petites choses est fidèle aussi dans les grandes » ; si nous faisons chaque jour le possible pour être fidèle au Seigneur dans les choses ordinaires de la vie, ayons confiance qu'il nous accordera la grâce pour lui être fidèle dans les circonstances extrêmes, s'il permet que nous y soyons placés ayons confiance qu'il nous donnera la grâce de mourir héroïquement plutôt que de rougir de lui, et de le trahir, si un jour ou l'autre nous avons à souffrir pour lui.

Tels sont les principes de la doctrine de l'abandon confiant. Ces principes acceptés par tous les théologiens sont sur ce point comme l'expression de la foi chrétienne. On trouve ainsi l'équilibre au-dessus des deux erreurs que nous rappelions au début de cet article.

Par la fidélité au devoir de minute en minute on évite la fausse et paresseuse quiétude des quiétistes, et par l'abandon confiant on échappe à l'inquiétude vaine et à l'agitation stérile. Cet abandon serait paresse s'il ne supposait pas la fidélité quotidienne, qui est comme le tremplin pour s'élancer sûrement dans l'inconnu. Cette fidélité quotidienne à la volonté divine signifiée donne comme le droit de s'abandonner pleinement pour l'avenir à la volonté divine de bon plaisir non encore manifestée.

L'âme fidèle se rappelle souvent la parole de Notre-Seigneur : « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père » ; elle-même se nourrit constamment de la volonté divine signifiée, et elle s'abandonne à la volonté divine non encore manifestée, un peu comme le nageur, s'appuyant sur le flot qui passe, se confie au flot qui arrive, à l'océan qui pourrait l'engloutir, mais qui en réalité le porte.

Ainsi l'âme doit avancer vers la haute mer, vers l'océan infini de l'être, comme disait saint Jean Damascène ; elle doit s'appuyer sur la volonté divine manifestée à l'heure présente, pour s'abandonner à la volonté divine dont dépendent les heures qui suivent et tout l'avenir.

L'avenir est à Dieu ; les événements sont dans sa main : si les marchands qui achetèrent Joseph vendu par ses frères étaient passés une heure plus tôt, Joseph n'eût pas été en Égypte et toute sa vie eût été changée; la nôtre dépend aussi de certains événements dont Dieu est le maître. Fidélité quotidienne et abandon confiant donnent ainsi à la vie spirituelle son équilibre, sa stabilité, son harmonie.

On vit ainsi dans un recueillement presque continuel et une abnégation progressive ; ce sont les conditions ordinaires de là contemplation et de l'union à Dieu. Voilà pourquoi nous devons vivre dans l'abandon à la volonté divine encore inconnue, en nous nourrissant de minute en minute de celle qui est déjà signifiée.

Cette union de la fidélité et de l'abandon nous fait entrevoir ce que doit être l'union de l'ascétique qui insiste sur la fidélité ou conformité à la volonté divine et de la mystique qui met l'accent sur l'abandon.

Source : Livres-mystiques.com

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MessagePosté : 22 Février 2020, 07:10 
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QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE PREMIER
POURQUOI ET EN QUOI NOUS DEVONS NOUS ABANDONNER A DIEU

En quoi devons-nous nous abandonner à la divine Providence ?


Après nous être conformés aux principes que nous venons d'énoncer, quand nous avons fait tout ce que nous commandent la loi de Dieu et la prudence chrétienne, notre abandon doit s'étendre à tout. Qu'est-ce à dire ?

D'abord à tout l'avenir, à ce que nous serons demain, dans vingt ans et plus tard. Nous devons aussi nous abandonner à Dieu pour le présent, au milieu des difficultés où nous pouvons être à l'heure actuelle ; abandonnons aussi notre passé, nos actes et leurs suites, à la Miséricorde divine.

Il faut de même nous abandonner à Dieu pour ce qui est du corps, santé ou maladie, et pour ce qui est de l'âme, joies et épreuves, de brève ou de longue durée. Il faut nous abandonner à Dieu au sujet de la bienveillance ou de la malice des hommes à notre égard

« Si Dieu est avec nous, dit saint Paul, qui sera contre nous ? Lui qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a livré à la mort pour nous tous, comment avec lui ne nous donnera-t-il pas toutes choses ?... Qui nous séparera de l'amour du Christ ? Sera-ce la tribulation ou l'angoisse, ou la persécution ou la faim, ou la nudité ou le péril ou l'épée... J'ai l'assurance que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les principautés, ni les choses présentes, ni les choses à venir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune créature ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu en Jésus-Christ Notre-Seigneur ».

Quel plus parfait abandon, dans la foi, l'espérance et l'amour ? Abandon pour ce qui est des vicissitudes du monde, des révolutions qui peuvent le bouleverser, pour ce qui est de la vie et de la mort, de l'heure de la mort et de la manière douce ou violente dont nous rendrons le dernier soupir.

Les Psaumes disaient de même : « Craignez le Seigneur, car il n'y a point d'indigence pour ceux qui le craignent ; les lionceaux peuvent connaître la disette et la faim, mais ceux qui cherchent le Seigneur ne sont privés d'aucun bien ». (Ps. XXXIII, 10).

« Qu'elle est grande ta bonté, que tu tiens en réserve pour ceux qui te craignent, que tu témoignes à ceux qui mettent en toi leur refuge... Tu les mets à couvert... contre les machinations des hommes, à l'abri des langues qui les attaquent ». (Ps. XXX, 20-21).

Job disait de même : « Je suis environné de moqueurs, mon œil ne s'ouvre que pour voir leurs outrages. O Dieu, sois auprès de toi-même ma caution. Quel autre voudrait me frapper de sa main ? » (Job, XVII, 3).

Comme il est rapporté au livre de Daniel, XIII, 42, c'est ainsi qu'une digne femme, Suzanne, fille d'Helcias, odieusement calomniée par deux vieillards, s'abandonna à Dieu en s'écriant : « Dieu éternel, qui connaissez ce qui est caché et qui savez toutes choses avant qu'elles arrivent, vous savez qu'ils ont rendu un faux témoignage contre moi, maintenant je meurs sans avoir rien fait de ce qu'ils ont méchamment inventé contre moi ».

Comme il est rapporté dans la prophétie, le Seigneur exauça la prière de cette noble femme. Comme on la conduisait à la mort, Dieu éveilla l'esprit d'un jeune enfant nommé Daniel. Celui-ci cria à haute voix : « Pour moi, je suis pur du sang de cette femme ». Tout le peuple se tourna vers lui et lui dit : « Que signifie cette parole que tu dis là ? »

C'est alors que le jeune Daniel, inspiré par Dieu, montra que les deux accusateurs avaient rendu un faux témoignage ; il les sépara l'un de l'autre, les interrogea séparément devant la foule, et, comme ils se contredirent, ils manifestèrent, sans le vouloir, qu'ils avaient menti.

Source : Livres-mystiques.com

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MessagePosté : 23 Février 2020, 07:36 
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QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE PREMIER
POURQUOI ET EN QUOI NOUS DEVONS NOUS ABANDONNER A DIEU


En quoi devons-nous nous abandonner à la divine Providence ? Que conclure pratiquement ? C'est qu'en faisant le possible pour accomplir nos devoirs quotidiens, nous devons nous abandonner pour le reste à la divine Providence, avec la plus filiale confiance. Et si nous tâchons vraiment d'être fidèles dans les petites choses, dans la pratique de l'humilité, de la douceur, de la patience, chaque jour pour les choses courantes, le Seigneur, lui, nous donnera la grâce pour être fidèles dans les choses grandes et difficiles, s'il vient à nous les demander ; alors, dans les circonstances extrêmes, il donnera à ceux qui le cherchent des grâces extrêmes.

Il est dit dans le Psaume LIV, 23 : « Jacta super Dominum curam tuam, et ipse te enutriet: Repose-toi sur le Seigneur, et il te soutiendra ; il ne laissera pas à jamais chanceler le juste... Pour moi, je mets en toi ma confiance ».

C'est dans les mêmes sentiments que saint Paul écrit aux Philippiens, IV, 4 : « Réjouissez-vous dans le Seigneur en tout temps : je le répète, réjouissez-vous. Que votre douceur soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche. Ne vous inquiétez de rien ; mais en toute circonstance faites connaître à Dieu vos besoins par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Que la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus ».

Saint Pierre dit aussi dans sa première Épître, V, 6, pour exhorter à la confiance : « Humiliez-vous sous la puissante main de Dieu, afin qu'il vous élève au temps marqué ; déchargez-vous sur lui de toutes vos sollicitudes, car lui-même prend soin de vous. Soyez sobres, veillez ; votre adversaire, le démon, comme un lion rugissant, rôde autour de vous, cherchant qui dévorer. Résistez-lui, fermes dans la foi, sachant que vos frères dispersés dans le monde endurent les mêmes souffrances que vous. Le Dieu de toute grâce, qui vous a appelés à sa gloire éternelle dans le Christ, après quelques souffrances, achèvera lui-même son œuvre, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables ».

« Beati omnes qui confident in Domino : Heureux ceux qui mettent en Dieu leur confiance » (Ps. II, 13). « Ceux qui se confient dans le Seigneur, dit Isaïe, prennent de nouvelles forces ; ils élèveront leur vol comme des aigles : ils courront et ne se fatigueront point ; ils marcheront et ne se lasseront point ». (Isaïe, XL, 31).

Un modèle parfait de cet esprit d'abandon à la divine Providence est saint Joseph, au milieu de toutes les difficultés qui surgissent pour lui au moment de la naissance du Sauveur, à Bethléem, puis quand il entend la douloureuse prophétie du vieillard Siméon, et lors de la fuite en Égypte loin d'Hérode, jusqu'au retour à Nazareth.

A son exemple, en pratiquant nos devoirs quotidiens, vivons dans cet esprit, et la grâce divine ne nous manquera pas ; par elle nous serons à la hauteur de ce que le Seigneur nous demandera, si difficile que ce puisse être à certaines heures.

CHAPITRE II
COMMENT DEVONS-NOUS NOUS ABANDONNER A LA PROVIDENCE


Nous avons dit pourquoi nous devons nous confier et nous abandonner à la Providence : à cause de sa sagesse et de sa bonté, et en quoi nous devons nous en remettre à elle : en toutes choses, pour l'âme et le corps, à condition d'accomplir nos devoirs quotidiens, et en nous rappelant que, si nous sommes fidèles dans les petites choses, nous obtiendrons la grâce pour l'être aussi dans les grandes.

Voyons maintenant comment nous devons nous confier et nous abandonner à la Providence, selon la nature des événements qui dépendent ou non de la volonté humaine, et quel doit être l'esprit de cet abandon, de quelles vertus doit-il s'inspirer.

Source : Livres-mystiques.com

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MessagePosté : 23 Février 2020, 20:52 
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QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE II
COMMENT DEVONS-NOUS NOUS ABANDONNER A LA PROVIDENCE

Des différentes manières de s'abandonner à la Providence selon la nature des événements


Pour bien entendre cette doctrine de sainte indifférence, il convient de remarquer, comme l'ont fait souvent les auteurs spirituels[55], que notre abandon ne doit pas s'exercer de la même manière à l'égard des événements qui ne dépendent pas de la volonté humaine, à l'égard des injustices des hommes et à l'égard de nos fautes et de leurs suites.
S'il s'agit de choses qui ne dépendent pas de la volonté humaine, comme d'accidents impossibles à prévoir, de maladies incurables, notre abandon ne saurait être trop absolu.

La résistance serait inutile et ne servirait qu'à nous rendre plus malheureux ; tandis que l'acceptation, en esprit de foi, de confiance et d'amour, rendra très méritoires ces souffrances inévitables[56]. Dans les circonstances douloureuses chaque fois que nous dirons fiat, ce sera un nouveau mérite ; par là l'épreuve réelle deviendra très sanctificatrice. Bien plus, par l'abandon nous tirerons profit d'épreuves probables, qui n'arriveront peut-être pas, comme Abraham eut un grand mérite de se préparer avec un parfait abandon à l'immolation de son fils, que le Seigneur ne lui demanda plus dans la suite. La pratique de l'abandon change ainsi les épreuves actuelles ou à venir en moyens de sanctification, et cela d'autant plus que cette pratique est inspirée par un plus grand amour de Dieu.

S'il s'agit des souffrances qui nous viennent de l'injustice des hommes, malveillance, mauvais procédés, calomnies, que faut-il faire ?

Saint Thomas, en parlant des injures, des reproches immérités et affronts, des détractions, qui n'atteignent que notre personne, dit qu'il faut être prêt à les supporter avec patience, selon ces paroles de Notre-Seigneur : « Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui l'autre » (Matth., V, 39). Mais quelquefois, ajoute-t-il, il convient de répondre, soit pour le bien de celui qui insulte, pour réprimer son audace, soit pour éviter un scandale qui pourrait naître de ces détractions ou calomnies. Si nous croyons devoir répondre ainsi et résister de la sorte, faisons-le en nous remettant au Seigneur pour le succès de cette démarche.

En d'autres termes, nous devons déplorer et réprouver ces injustices, non pas en tant qu'elles blessent notre amour-propre ou notre orgueil, mais en tant qu'elles sont une offense à Dieu, et compromettent le salut de ceux qui s'en rendent coupables et de ceux qu'ils peuvent égarer.

Pour ce qui est de nous, nous devons voir dans l'injustice des hommes à notre égard la justice divine qui a permis ce mal pour nous donner une occasion d'expier d'autres fautes, réelles celles-là, et que personne ne nous reproche. Il convient de voir aussi dans cette épreuve la Miséricorde divine, qui a voulu par là nous détacher des créatures, nous délivrer de nos affections désordonnées, de notre orgueil, de notre tiédeur, en nous mettant dans la nécessité pressante de recourir à une prière de supplication fervente.

Ces injustices sont parfois au point de vue spirituel comme un coup de bistouri très douloureux, mais libérateur. La souffrance qu'elles causent doit nous montrer le prix de la justice véritable, elle doit non seulement nous porter à la pratiquer envers le prochain, mais elle doit faire naître en nous la béatitude de ceux qui ont faim et soif de justice et qui seront rassasiés, comme il est dit dans l'Évangile.

Le mépris des hommes, au lieu de produire en nous le trouble ou l'aigreur, peut nous devenir ainsi grandement salutaire, et nous révéler toute la vanité de la gloire humaine, par contraste, toute la beauté de la gloire divine telle que les saints l'ont comprise. C'est le chemin qui conduit à la vraie humilité qui fait accepter et aimer d'être traité comme une personne digne de mépris.

Source : Livres-mystiques.com

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MessagePosté : 24 Février 2020, 21:53 
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QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE II
COMMENT DEVONS-NOUS NOUS ABANDONNER A LA PROVIDENCE

Des différentes manières de s'abandonner à la Providence selon la nature des événements


Enfin s'il s'agit des inconvénients de tout genre qui peuvent résulter, non plus de l'injustice des autres à notre égard, mais de nos propres fautes, de nos imprudences ou de notre faiblesse, que faut-il faire ?

Il faut distinguer dans nos fautes et leurs suites ce qu'il y a de désordonné, de coupable, et l'humiliation salutaire qui en provient. Quoi que puisse dire notre amour-propre, ce qu'il y a de déréglé dans nos actes, nous ne saurions trop vivement le regretter comme injure faite à Dieu, comme mal fait à notre âme, et presque toujours par voie de conséquence à l'âme du prochain.

Quant à l'humiliation salutaire qui en résulte, nous devons l'accepter avec un complet abandon, comme il est dit dans le Psaume CXVIII, 71-75 : « Bonum mihi, quia humiliasti me, Domine, ut discam justificationes tuas... Cognovi, Domine, quia æquitas judicia tua, et in veritate tua humiliasti me... - Il m'est bon d'avoir été humilié, afin que j'apprenne tes préceptes. Mieux vaut pour moi la loi de ta bouche que des monceaux d'or et d'argent... Je sais, Seigneur, que tes jugements sont justes ; c'est dans ta fidélité que tu m'as humilié. Que ta bonté soit ma consolation... Que ta Miséricorde vienne sur moi et que je vive, car je fais mes délices de ta loi ».

L'humiliation qui résulte de nos propres fautes est le vrai remède à l'estime exagérée que nous avons de nous-même et que nous conservons souvent malgré la mésestime ou le mépris que d'autres nous manifestent. Il nous arrive même de nous raidir par orgueil sous l'humiliation qui nous vient du dehors et de nous donner à nous-même l'encens qu'on nous refuse. C'est une des formes les plus subtiles et les plus dangereuses de l'amour-propre et de l'orgueil.

La Miséricorde divine veut nous en corriger par l'humiliation qui provient de nos propres fautes ; dans sa bonté elle les fait concourir elles-mêmes de la sorte à notre avancement ; il faut donc, tout en travaillant à nous corriger, accepter ces humiliations avec un parfait abandon. Bonum mihi, quia humiliasti me, Domine... C'est la voie qui conduit à la pratique de la parole profonde de l'Imitation, si féconde pour qui l'a vraiment comprise : Amare nesciri et pro nihilo reputari : Aimer à être ignoré et considéré comme rien. Il faut vivre de cette doctrine selon la nature des événements qui dépendent ou ne dépendent pas de nous.

Dans quel esprit nous abandonner à la Providence ?

Serait-ce, comme l'ont dit les quiétistes, dans un esprit qui diminue l'espérance du salut, sous prétexte de haute perfection ?

Bien au contraire, ce doit être dans un grand esprit de foi, de confiance et d'amour.
La volonté de Dieu signifiée par ses commandements est que nous devons espérer en lui et travailler avec confiance à notre salut, quels que soient les obstacles ; cette volonté signifiée est le domaine de l'obéissance, et non pas celui de l'abandon. Celui-ci regarde la volonté de bon plaisir, dont dépendent l'avenir incertain pour nous, les choses qui arrivent journellement dans le cours de la vie, comme la santé, la maladie, les succès et les infortunes.

Faire, sous prétexte de perfection, le sacrifice de notre salut, de notre béatitude éternelle, serait chose absolument contraire à l'inclination naturelle vers le bonheur, inclination qui, comme notre nature, nous vient de Dieu. Ce serait contraire à l'espérance chrétienne, non seulement à celle du commun des fidèles, mais à celle des saints qui, dans les plus grandes épreuves, ont héroïquement espéré « contre toute espérance humaine », selon le mot de saint Paul, alors que tout paraissait perdu. Enfin un pareil sacrifice de notre béatitude éternelle serait contraire à la charité elle-même, qui nous fait aimer Dieu pour lui-même, et nous fait désirer le posséder pour le glorifier éternellement.

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MessagePosté : 26 Février 2020, 22:53 
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QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE II
COMMENT DEVONS-NOUS NOUS ABANDONNER A LA PROVIDENCE

Dans quel esprit nous abandonner à la Providence ?


Nous devons donc, en accomplissant notre devoir quotidien, nous abandonner au Seigneur avec un grand esprit de foi. Il faut le faire aussi avec une confiance toute filiale dans sa paternelle bonté. La confiance (fiducia ou confidentia) est, dit saint Thomas[66], l'espérance ferme ou fortifiée, qui vient d'une grande foi en la bonté de Dieu auteur du salut. Le motif formel de l'espérance est la bonté de Dieu, toujours secourable, selon ses promesses, Deus auxilians[67].

« Bienheureux, disent les psaumes, ceux qui se confient dans le Seigneur ». (Ps. II, 12). « Ceux qui se confient en Lui sont comme la montagne de Sion ; elle ne chancelle point, elle est assise sur sa base pour toujours ». (Ps. CXXIV, 1.) « Conservez-moi, Seigneur, parce que j'ai espéré en vous ». (Ps. XV, 1). « J'ai placé en vous mon refuge, je ne serai jamais confondu ». (Ps. XXX, 1.)

Saint Paul (Rom., IV, 18), en parlant d'Abraham, qui, malgré son âge très avancé, crut à la promesse divine qu'il deviendrait le père d'un grand nombre de nations, nous dit : « Espérant contre toute espérance, il crut ; ...devant la promesse divine, il n'eut ni hésitation ni défiance ; mais puisant sa force dans la foi, il rendit gloire à Dieu, pleinement convaincu qu'il saurait accomplir sa promesse ».

De même, en faisant notre devoir quotidien, nous devons attendre de Notre-Seigneur la réalisation de sa parole : « Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, elles me suivront... et nul ne les ravira de ma main » (Jean, X, 28). Comme le note le Père Piny[68] après avoir fait sérieusement son devoir, s'abandonner avec confiance entre les mains de Notre-Seigneur, c'est être vraiment comme une brebis. Peut-on mieux entendre la voix du bon Pasteur qu'en acquiesçant constamment à ce qu'il ordonne de nous, qu'en le priant avec amour d'avoir pitié de nous, et en se jetant avec confiance dans les bras de sa miséricorde, avec toutes nos fautes et nos regrets ? C'est en même temps déposer en son sein toutes nos craintes sur notre passé et notre avenir. Ce saint abandon, loin de s'opposer à l'espérance, est la confiance filiale la plus sainte, unie à un amour qui se purifie de plus en plus.

L'amour le plus pur consiste en effet à se nourrir de la volonté de Dieu, à l'exemple de Notre-Seigneur, qui a dit : « Ma nourriture est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre » (Jean, IV, 34). « Je ne cherche pas ma propre volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jean, V, 30). « C'est pour cela que je suis descendu du ciel » (Jean, VI, 38). Il n'y a donc pas de manière plus noble, plus parfaite, plus pure, d'aimer Dieu, que de faire de la divine volonté la sienne propre, en accomplissant sa volonté signifiée et en s'abandonnant ensuite à son bon plaisir. Pour les âmes qui suivent cette route, Dieu est tout ; elles finissent par pouvoir dire : Deus meus et omnia. Dieu est leur centre, et elles n'ont plus de paix qu'en Lui, en soumettant toutes leurs aspirations à son bon plaisir, et en acceptant tranquillement tout ce qu'il fait. Dans les moments les plus difficiles, sainte Catherine de Sienne se rappelait la parole du Maître : « Pense à moi et je penserai à toi ».

Rares sont les âmes qui arrivent à cette perfection. Mais il faut y tendre. Saint François de Sales dit « Notre-Seigneur, aime d'un amour extrêmement tendre ceux qui sont si heureux que de s'abandonner ainsi totalement à son soin paternel, se laissant gouverner par sa divine providence, sans s'amuser à considérer si les effets de cette providence leur seront utiles, profitables, ou dommageables ; étant tout assurés que rien ne leur saurait être envoyé de ce cœur paternel et très aimable, ni qu'il ne permettra que rien ne leur arrive, de quoi il ne leur fasse tirer du bien et de l'utilité pourvu que nous ayons mis toute notre confiance en lui[69]...

Source : Livres-mystiques.com

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MessagePosté : 27 Février 2020, 21:33 
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QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE II
COMMENT DEVONS-NOUS NOUS ABANDONNER A LA PROVIDENCE

Dans quel esprit nous abandonner à la Providence ?


... Quand (en faisant notre devoir quotidien) nous abandonnons tout à la providence divine, Notre-Seigneur prend soin de tout et conduit tout... L'âme est alors vis-à-vis de Lui comme le petit enfant à l'égard de sa mère ; quand elle le met à terre pour cheminer, il chemine jusqu'à ce que sa mère le reprenne, et quand elle veut le porter, il lui laisse faire : il ne sait point et ne pense point où il va, mais il se laisse porter ou mener où il plaît à sa mère.

Tout de même cette âme, aimant la volonté du bon plaisir de Dieu en tout ce qui lui arrive, se laisse porter et chemine néanmoins, faisant avec grand soin tout ce qui est de la volonté de Dieu signifiée[70]. » Elle peut dire alors vraiment, à l'exemple de Notre-Seigneur : « Ma nourriture est de faire la volonté de mon Père », et c'est là qu'elle trouve la paix, cette paix qui est déjà en nous comme la vie éternelle commencée, « inchoatio vitæ æternæ ».

CHAPITRE III
LA PROVIDENCE ET LE DEVOIR DU MOMENT PRÉSENT


« Omne quodcumque facitis in verbo aut in opere, omnia in nomine Domini facite. Quoi que ce soit que vous fassiez, en parole ou en œuvres, faites tout au nom du Seigneur » Coloss., III, 17.

Pour mieux voir comment nous devons vivre au jour le jour de confiance en Dieu, d'abandon, il convient d'être très attentif au devoir du moment présent et à la grâce qui nous est offerte pour l'accomplir. Nous parlerons d'abord du devoir qui se présente de minute en minute tel que l'ont compris les saints, et nous éclairerons ensuite leur conduite par l'enseignement de l'Écriture et de la théologie qui s'adresse à nous tous.

Le devoir du moment présent tel que les saints l'ont compris et la lumière qu'il contient.

Le devoir de chaque instant, sous des apparences souvent modestes, contient l'expression de la volonté de Dieu sur nous, sur notre vie individuelle. La Vierge Marie a ainsi vécu dans l'union divine en accomplissant au jour le jour la volonté de Dieu dans le devoir quotidien de sa vie très simple, fort commune à l'extérieur, comme celle de toutes les personnes de sa condition. Ainsi ont vécu tous les saints, faisant la volonté de Dieu telle qu'elle se manifestait d'heure en heure, sans se laisser déconcerter par les contrariétés imprévues.

Leur secret était celui de devenir de moment en moment ce que l'action divine voulait faire d'eux. En cette action, ils ont vu tout ce qu'ils avaient à faire et à souffrir, tous leurs devoirs et toutes leurs croix. Ils étaient persuadés que l'événement actuel est un signe d'une volonté ou d'une permission de Dieu pour le bien de ceux qui le cherchent. Même la vue du mal en exerçant leur patience, leur montrait par contraste ce qu'il faut faire pour éviter le péché et ses suites funestes.

Les saints voient ainsi dans la suite des événements comme un enseignement providentiel et ils croient qu'au-dessus de la suite des faits extérieurs de notre vie il y a comme une série parallèle de grâces actuelles, qui nous sont incessamment offertes pour nous faire tirer de ces événements agréables ou pénibles le meilleur profit spirituel. La suite des événements, si on savait la bien regarder, contient comme les leçons de choses du bon Dieu, qui sont comme la révélation prolongée ou l'Évangile appliqué, jusqu'à la fin des temps.

En presque tous les domaines on distingue de l'enseignement théorique et abstrait l'enseignement pratique ou appliqué ; il en est de même dans l'ordre des choses spirituelles. Le Seigneur y donne lui-même à sa manière ces deux enseignements, l'un dans l'Évangile, l'autre dans le cours de la vie.

Source : Livres-mystiques.com

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MessagePosté : 29 Février 2020, 10:44 
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L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE III
LA PROVIDENCE ET LE DEVOIR DU MOMENT PRÉSENT

Le devoir du moment présent tel que les saints l'ont compris et la lumière qu'il contient.


Cette très grande vérité de vie est souvent bien méconnue. Dès qu'il nous arrive des contrariétés, des revers, ce ne sont généralement que plaintes et murmures. Nous trouvons que cette maladie nous prend lorsque nous avions tant à faire, que telle chose nous manque absolument, qu'on nous enlève les moyens nécessaires, qu'on met des obstacles insurmontables au bien que nous devons accomplir, à l'apostolat que nous devons exercer.

Les saints, en ces circonstances, et même en d'autres bien plus pénibles, disent : Faire au jour le jour la volonté de Dieu est au fond la seule chose nécessaire. Le Seigneur ne commande jamais l'impossible, mais il y a un devoir qu'à chaque moment il rend réellement possible pour chacun de nous, et pour l'accomplissement duquel, il demande notre amour et notre générosité.

Si donc tel événement douloureux est la suite de nos fautes, c'est une leçon providentielle que nous devons recevoir avec humilité pour en tirer profit. Si, sans faute de notre part, le Seigneur permet que nous soyons privés de certains secours, c'est qu'ils ne sont pas vraiment nécessaires à notre sanctification et à notre salut.

Les saints trouvent qu'en un sens rien ne leur manque, si ce n'est un plus grand amour de Dieu. Si nous savions ce que sont les événements que nous appelons obstacles, contrariétés, revers, contretemps, infortune, échecs, nous déplorerions certes le désordre qui peut s'y trouver (et les saints le déploraient plus que nous et en souffraient plus que nous), mais nous nous reprocherions nos murmures, et nous serions plus attentifs au bien supérieur que Dieu poursuit en tout ce qu'il veut et même en ses divines permissions[71].

Devons-nous être surpris de ce que les voies de la Providence soient parfois bien mystérieuses, et de ce que le mystère déconcerte notre raison. « Le juste vit de la foi » dit l'Écriture; en particulier il vit du mystère de la Providence et de ses voies. Et il finit par saisir que, loin d'être contradictoire, ce mystère ne peut être nié sans que tout devienne contradiction en notre vie.

L'Écriture dit à plusieurs reprises : Dieu mortifie et il vivifie, il conduit à toute extrémité et il en ramène [72].

Plus l'action divine fait mourir au péché et à ses suites, plus elle détache de tout ce qui n'est pas Dieu, et plus elle vivifie. On a dit que la grâce est parfois un bourreau, et pourtant, dans l'œuvre qu'elle poursuit en nous, loin de détruire la nature en ce qu'elle a de bon, elle la perfectionne, la restaure et la surélève. D'elle on peut dire ce qui est dit de Dieu : mortificat et vivificat.

Comme le dit le Père de Caussade[73] expliquant ces voies de la Providence : « Plus le mystère est obscur, plus il contient de lumière », car son obscurité provient d'une trop grande lumière pour nos faibles yeux.

De plus ce qui peut nous instruire davantage, c'est ce qui nous arrive à nous en particulier d'un moment à l'autre, selon ce que la Providence a voulu ou permis. Nous pouvons y trouver la manifestation de la volonté divine sur nous pour le moment présent. Et c'est là ce qui forme en nous la connaissance expérimentale de la conduite de Dieu à notre égard, connaissance sans laquelle on ne sait guère se diriger comme il faut dans les choses spirituelles, ni faire aux autres un bien profond[74].

Source : Livres-mystiques.com

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MessagePosté : 01 Mars 2020, 08:45 
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L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE III
LA PROVIDENCE ET LE DEVOIR DU MOMENT PRÉSENT

Le devoir du moment présent tel que les saints l'ont compris et la lumière qu'il contient.


Dans l'ordre des choses spirituelles surtout, nous ne savons bien que ce que l'expérience nous a appris par la souffrance ou par l'action. Notre-Seigneur qui avait, en sa sainte âme, dès le premier instant de sa venue en ce monde, la vision béatifique et la science infuse, a voulu avoir aussi la connaissance expérimentale, qui s'acquiert au jour le jour, et qui fait voir les choses même infailliblement prévues sous un aspect spécial, que donne le contact du réel.

Nous prévoyons que tel ami très cher fort malade va bientôt mourir, mais sa mort même contient, si nous savons ouvrir les yeux, un nouvel enseignement pour nous, par lequel Dieu nous parle en quelque sorte, au fur et à mesure que le temps s'écoule. C'est là l'école du Saint-Esprit, ce sont ses leçons de choses, qui n'ont rien de livresque ; et elles varient avec chaque âme ; ce qui est utile à celle-ci ne l'est pas toujours à celle-là.

Sans vouloir trouver superstitieusement un sens à de pures coïncidences sans portée, écoutons simplement ce que la Providence nous dit à nous en particulier dans ces leçons de choses qu'elle nous donne. Il ne faut pas matérialiser et mécaniser cette doctrine ; il s'agit d'un esprit surnaturel à porter simplement en toutes choses, sans contention, ni sotte recherche.

Comme le dit l'auteur[75] que nous venons de citer : « La révélation du moment présent est une source de sainteté toujours jaillissante... Vous tous qui avez soif, sachez que vous n'avez pas à aller chercher bien loin la source des eaux vives ; elle jaillit tout près de vous, dans le moment présent ; hâtez-vous donc d'y courir. Pourquoi, ayant la source si proche, vous fatiguez-vous à courir après les ruisseaux ?.... O amour inconnu ! il semble que vos merveilles soient finies et qu'il n'y ait plus qu'à copier vos anciens ouvrages, à citer vos discours passés.

Et l'on ne voit pas que votre action inépuisable est une source infinie de nouvelles pensées, de nouvelles souffrances, de nouvelles actions... de nouveaux saints ». Le Cœur de Jésus est un « foyer de grâces toujours nouvelles ».

Les saints de chaque époque n'ont pas besoin de copier la vie, ni les écrits de ceux qui les ont précédés, mais de vivre dans un perpétuel abandon aux secrètes inspirations de Dieu ; en cela ils imitent tous leurs devanciers, malgré la diversité des circonstances de chaque époque et de chaque vie individuelle.

Le moment présent, si nous savions voir la lumière divine qu'il contient, nous rappellerait que tout peut nous être moyen, instrument, ou au moins occasion, par manière d'épreuve ou par contraste, d'avancement spirituel dans l'amour de Dieu. Ce moment présent, selon l'ordre voulu par la Providence, a une relation avec notre fin dernière, avec l'unique nécessaire ; ainsi chaque instant du temps qui s'écoule a une relation avec l'unique instant de l'immobile éternité.

Si nous savions la voir, ce n'est pas seulement l'heure de la messe, celle de l'oraison, ou de la visite au Saint Sacrement, qui serait sanctificatrice pour nous, mais toute heure de la journée prendrait son sens surnaturel, et nous rappellerait que nous sommes en marche vers l'éternité. D'où là bonne pratique qui consiste à bénir l'heure qui commence, ou à appeler sur elle la bénédiction divine.

Nous devons être à chaque instant dans l'ordre de Dieu ; il n'y a pas de moment de la journée où nous n'ayons quelque devoir à accomplir, devoir envers Dieu, ou envers le prochain, devoir au moins de patience, lorsque l'action extérieure n'est pas possible. A chaque minute nous devons sanctifier le nom de Dieu, comme s'il n'y avait pas autre chose à attendre dans le temps, comme si à l'instant suivant nous devions entrer dans l'éternité.

Source : Livres-mystiques.com

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MessagePosté : 01 Mars 2020, 21:18 
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L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE III
LA PROVIDENCE ET LE DEVOIR DU MOMENT PRÉSENT

Le devoir du moment présent tel que les saints l'ont compris et la lumière qu'il contient.


Si nous savions la voir, ce n'est pas seulement l'heure de la messe, celle de l'oraison, ou de la visite au Saint Sacrement, qui serait sanctificatrice pour nous, mais toute heure de la journée prendrait son sens surnaturel, et nous rappellerait que nous sommes en marche vers l'éternité. D'où là bonne pratique qui consiste à bénir l'heure qui commence, ou à appeler sur elle la bénédiction divine.

Nous devons être à chaque instant dans l'ordre de Dieu ; il n'y a pas de moment de la journée où nous n'ayons quelque devoir à accomplir, devoir envers Dieu, ou envers le prochain, devoir au moins de patience, lorsque l'action extérieure n'est pas possible.

A chaque minute nous devons sanctifier le nom de Dieu, comme s'il n'y avait pas autre chose à attendre dans le temps, comme si à l'instant suivant nous devions entrer dans l'éternité.

Ainsi ont vécu les plus chrétiens de ceux qui pendant la dernière guerre étaient exposés à des tirs d'artillerie, qui recommençaient à intervalles de trois minutes ; ils se disaient : « dans un instant peut-être c'est la mort », et ils vivaient la minute présente dans sa relation à l'éternité.

Ainsi ont vécu les saints non seulement dans les circonstances exceptionnelles, mais dans le cours normal de leur vie, sans perdre pour ainsi dire la présence de Dieu. Or leur conduite s'éclaire par les principes de l'Évangile dont nous parlons et qui s'adressent à nous comme à eux.


L'enseignement de l'Écriture et de la théologie sur le devoir du moment présent.



Saint Paul écrivait dans la Première Épître aux Corinthiens, X, 31 : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez ou quelque autre chose que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ». - De même aux Colossiens, III, 17 : « Quoi que ce soit que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père ».

Notre-Seigneur a dit lui-même, comme le rapporte saint Matthieu, XII, 36 : « La bouche parle de l'abondance du cœur. L'homme bon tire du bon trésor de son cœur des choses bonnes; le mauvais tire d'un mauvais trésor des choses mauvaises. Je vous le dis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu'ils auront dite ».

Saint Thomas montre tout le sens et la portée de cette doctrine, lorsqu'il enseigne (Ia-IIae, q. 18, a. 9) qu'il n'y a pas d'acte délibéré qui, concrètement pris hic et nunc, soit moralement indifférent; chacun de nos actes délibérés est soit bon, soit mauvais.

Pourquoi ? Parce que tout acte délibéré d'un être raisonnable doit être raisonnable, ou ordonné à une fin bonne, honnête ; et tout acte délibéré d'un chrétien doit être ordonné au moins virtuellement à Dieu. S'il en est ainsi, cet acte est bon ; s'il n'en est pas ainsi, il est mauvais. Il n'y a pas de milieu. Même nos récréations, nos divertissements, nos promenades doivent avoir une fin honnête.

Le fait d'aller se promener, abstraitement considéré, certes est indifférent. Il peut être indifférent aussi que nous allions nous promener ici plutôt que là, mais cette promenade doit avoir un but raisonnable, par exemple celui de réparer, de renouveler nos forces, pour reprendre ensuite le travail que nous devons accomplir. Par là même nos divertissements prennent un sens moral et une valeur dans la vie de l'être raisonnable.

Source : Livres-mystiques.com

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MessagePosté : 02 Mars 2020, 21:24 
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L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE III
LA PROVIDENCE ET LE DEVOIR DU MOMENT PRÉSENT

L'enseignement de l'Écriture et de la théologie sur le devoir du moment présent.


Comme le disait d'une façon symbolique un bon prédicateur, tous nos actes délibérés sont comme les gouttes de pluie qui tombent au sommet des montagnes à la ligne de partage des eaux ; de ces gouttes de pluie, les unes vont à droite de cette ligne vers tel fleuve et tel océan, les autres vont à gauche vers un autre fleuve et vers une mer opposée fort lointaine.

Ainsi tous nos actes délibérés vont soit vers le bien, finalement vers Dieu, soit vers le mal. Nul de ces actes, à le prendre dans la réalité concrète de la vie, n'est indifférent. Cela peut paraître au premier abord bien rigide comme doctrine. Il n'en est rien : il suffit d'une intention virtuelle ou implicite, renouvelée le matin au moment de la prière et chaque fois que le Saint-Esprit nous porte à élever notre cœur vers Dieu.

C'est même au contraire une doctrine très consolante, car il s'ensuit que dans la vie du juste, tout acte délibéré, qui n'est pas un péché, est à la fois moralement bon et méritoire, qu'il soit facile ou difficile, petit ou grand.

Cette doctrine est aussi très sanctifiante, si on l'entend bien et si on la vit. Elle porte à penser que ce que Dieu fait à chaque moment est bien fait, et est un signe de sa volonté. Ainsi Job privé de tout vit dans cette privation une volonté de Dieu, qui l'éprouvait pour le sanctifier, et au lieu de maudire cette minute si pénible, il bénit le nom du Seigneur.

Apprenons donc à reconnaître dans ce qui arrive à chaque instant soit une volonté positive de Dieu, soit une permission divine toujours ordonnée ellemême à un bien supérieur. Ainsi, quoi qu'il arrive, nous garderons la paix.

Saint François de Sales a résumé toute cette doctrine en ces quelques mots : « Chaque moment vient à nous chargé d'un ordre de Dieu, et il va s'enfoncer dans l'éternité pour demeurer à jamais ce que nous l'aurons fait ».

Cette vue presque constante de la volonté divine signifiée par le devoir du moment présent vient surtout du don de sagesse, qui nous fait voir en quelque sorte en Dieu, cause première et fin dernière, tous les événements, qu'ils soient pénibles ou agréables.

C'est pourquoi ce don correspond, dit saint Augustin, à la béatitude des pacifiques, c'est-à-dire de ceux qui conservent la paix là où tant d'autres se troublent, et qui souvent rendent la paix aux plus troublés : Beati pacifici, quia filii Dei vocabuntur.

CHAPITRE IV
LA GRACE DU MOMENT PRÉSENT ET LA FIDÉLITÉ DANS LES PETITES CHOSES


Le devoir qu'il nous faut accomplir d'heure en heure est, disions-nous, un signe de la volonté de Dieu sur nous en particulier, hic et nunc, et il contient ainsi une lumière pratique très sanctifiante, qui est celle de l'Évangile appliqué aux diverses circonstances de notre vie ; ce sont vraiment les leçons de choses du bon Dieu. Si, à l'exemple des saints, nous savions considérer ainsi chaque moment, nous verrions que chacun contient non seulement un devoir à accomplir, mais une grâce pour être fidèle à ce devoir.

La richesse spirituelle du moment présent.

Au fur et à mesure que de nouvelles circonstances se présentent avec les obligations qu'elles comportent, de nouvelles grâces actuelles nous sont offertes pour tirer de ces circonstances le meilleur profit spirituel. Au-dessus de la suite des faits extérieurs de notre vie, il y a la série parallèle des grâces actuelles qui nous sont offertes, comme l'air arrive par ondes à notre poitrine pour nous permettre de respirer

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MessagePosté : 03 Mars 2020, 22:11 
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CHAPITRE IV
LA GRACE DU MOMENT PRÉSENT ET LA FIDÉLITÉ DANS LES PETITES CHOSES

La richesse spirituelle du moment présent.


La suite de ces grâces actuelles, reçues avec fruit ou au contraire négligées par chacun de nous, constitue l'histoire individuelle de notre âme, telle qu'elle est écrite en Dieu au livre de vie, telle que nous la verrons un jour.

C'est ainsi que Notre-Seigneur continue de vivre dans son corps mystique ; surtout dans ses saints il continue une vie qui ne finira jamais, vie qui comporte à tout moment des grâces toujours nouvelles et de nouvelles opérations.

Notre-Seigneur a dit : « Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur, pour qu'il demeure toujours avec vous, l'Esprit de vérité, que le monde ne peut recevoir, parce qu'il ne le voit point et ne le connaît point ; mais vous le connaissez, parce qu'il demeure au milieu de vous...

Il vous enseignera toutes choses et vous rappellera tout ce que je vous ai dit » (Jean, XIV, 16, 26). Le Saint-Esprit enseigne donc toutes choses au jour le jour à ceux qui veulent l'entendre, et il écrit la loi de Dieu avec la grâce dans les âmes, soit immédiatement, soit par la prédication de l'Évangile. Saint Paul ne dit-il pas aux Corinthiens : « Avons-nous besoin, comme certains, de lettres de recommandation auprès de vous ou de votre part ? C'est vous-mêmes qui êtes notre lettre... Oui, manifestement vous êtes une lettre du Christ, écrite par votre ministère, non avec l'encre, mais par l'Esprit du Dieu vivant ; non sur des tables de pierre, mais sur des tables de chair, sur vos cœurs » (II Cor., III, 2, 3). - Ainsi s'écrit dans les âmes l'histoire intérieure de la vie de l'Église jusqu'à la fin des temps. C'est elle qui est annoncée de façon symbolique dans l'Apocalypse et qui ne se lira clairement qu'au dernier jour.

Comme le dit le Père de Caussade en trois pages remarquables qu'on nous permettra de citer : « Oh ! la belle histoire ! Le beau livre que l'Esprit-Saint écrit présentement ! Il est sous presse, âmes saintes ! il n'y a point de jour qu'on n'en arrange les lettres, que l'on n'y applique l'encre, que l'on n'en imprime les feuilles. Mais nous sommes dans la nuit de la foi ; le papier est plus noir que l'encre... ; c'est une langue de l'autre monde... Vous ne pourrez lire cet évangile (vivant) que dans le ciel... Si le mélange de vingt-quatre lettres est incompréhensible, de sorte qu'elles suffisent à composer à l'infini des volumes différents et tous admirables dans leur genre, qui pourra exprimer ce que Dieu fait dans l'univers ?... Apprenez-moi, divin Esprit, à lire dans ce livre de vie ! Je veux devenir votre disciple, et, comme un simple enfant, croire à ce que je ne puis voir[76].

« Qu'il y a de grandes vérités cachées aux yeux même des chrétiens qui se croient le plus éclairés !... Pour nous unir à lui, Dieu se sert des créatures les plus mauvaises aussi bien que des meilleures, et des événements les plus fâcheux aussi bien que des plus agréables ; et notre union avec lui est même d'autant plus méritoire, que les moyens qui nous servent à l'entretenir sont, de leur nature, plus répugnants.[77] »

« Le moment présent est toujours plein de trésors infinis ; il contient plus que vous n'avez de capacité. La foi est la mesure : vous y trouverez autant que vous croyez. L'amour est aussi la mesure : plus votre cœur aime, plus il désire, et plus il désire, plus il trouve. La volonté de Dieu se présente, à chaque instant, comme une mer immense que votre cœur ne peut épuiser. Il n'en reçoit qu'autant qu'il s'étend par la foi, par la confiance et par l'amour ; tout le reste du créé ne peut remplir votre cœur, qui a plus de capacité que tout ce qui n'est pas Dieu. Les montagnes qui effraient les yeux ne sont que des atomes dans le cœur. La divine volonté est un abîme, dont le moment présent est l'ouverture : plongez-vous dans cet abîme et vous le trouverez toujours infiniment plus étendu que vos désirs. Ne faites la cour à personne, n'adorez point les fantômes ; ils ne peuvent ni vous donner, ni vous ôter.

Source : Livres-mystiques.com

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MessagePosté : 04 Mars 2020, 20:45 
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L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE IV
LA GRACE DU MOMENT PRÉSENT ET LA FIDÉLITÉ DANS LES PETITES CHOSES


La richesse spirituelle du moment présent. La seule volonté de Dieu fera votre plénitude, qui ne vous laissera aucun vide ; adorez-la, allez droit à elle,... ôtez les idoles... Quand le moment effraie, affame, dépouille, accable tous les sens, alors il nourrit, il enrichit, il vivifie la foi, qui se rit des pertes, comme un gouverneur dans une place imprenable se rit des attaques inutiles[78]. »

Aussi, conclut le même auteur : « Quand la volonté de Dieu s'est révélée à une âme et qu'elle lui a fait sentir qu'elle est prête à se donner tout entière pourvu que l'âme se donne à elle aussi de son côté, celle-ci éprouve, en toutes rencontres, un secours puissant ; pour lors, elle goûte par expérience le bonheur de cette venue de Dieu ; et elle en jouit d'autant plus qu'elle a mieux compris, dans la pratique, l'abandon où elle doit être, à tous les moments, vis-à-vis de cette volonté toute adorable.[79] »

Dieu est comme un océan qui porte ceux qui avec confiance se livrent à lui et font ce qui est en leur pouvoir pour suivre ses inspirations, comme le navire docile aux vents favorables. En ce sens Notre-Seigneur disait (Jean, III, 8) : « Le vent souffle où il veut et tu entends sa voix ; mais tu ne sais ni d'où il vient, ni où il va : ainsi en est-il de quiconque est né de l'Esprit ».

Que tout cela est grand ! Pendant que la minute présente s'écoule, rappelons-nous que ce qui existe, ce n'est pas seulement notre corps, notre sensibilité douloureusement ou agréablement impressionnée, mais aussi notre âme spirituelle et immortelle, la grâce actuelle qui nous arrive, le Christ qui influe sur nous, la sainte Trinité qui habite en nous. Alors nous entreverrons l'infinie richesse du moment présent, et son rapport avec l'instant immuable de l'éternité où nous devons entrer un jour.

Ne nous contentons pas de voir la minute présente sur la ligne horizontale du temps, entre un passé qui n'est plus et un avenir temporel incertain ; voyons surtout cette minute présente sur la ligne verticale qui la rattache à l'unique instant de l'immobile éternité. Quoi qu'il arrive, disons-nous : en ce moment Dieu est, et il veut m'attirer à Lui. En un des instants les plus douloureux de son existence, où il crut perdue la chère congrégation qu'il venait de fonder, saint Alphonse entendit cette parole de la bouche d'un laïque de ses amis : « Dieu existe toujours, Père Alphonse » ; non seulement il retrouva son courage ; mais cette heure douloureuse fut une des plus fécondes de sa vie.

Soyons ainsi saintement attentifs à la grâce actuelle qui de minute en minute nous est offerte pour l'accomplissement du devoir présent. Nous verrons de mieux en mieux ainsi ce que doit être notre fidélité dans les petites choses comme dans les grandes.

La fidélité dans les petites choses
« Qui fidelis est in minimo, et in majori
fidelis est », (Luc, XVI, 10)


Notre-Seigneur dit, en saint Luc, XVI, 10 : « Celui qui est fidèle dans les petites choses est fidèle aussi dans les grandes, et celui qui est injuste dans les petites choses est injuste aussi dans les grandes ». Il dit encore à deux serviteurs dans la parabole des talents ou des mines : « C'est bien, serviteur bon et fidèle ; parce que tu as été fidèle en peu de choses, je t'établirai sur beaucoup : entre dans la joie de ton maître ». (Matth., XXV, 21, 23 ; Luc, XIX, 17). Il y a là, relativement aux petites choses, un très grand enseignement qui est fort souvent méconnu même par les âmes naturellement élevées, qui commencent à faire fausse route, lorsque leur fierté dégénère en orgueil. On ne saurait trop insister sur ce point à propos de la fidélité à la grâce du moment.

On l'a plusieurs fois remarqué : chez bien des âmes qui se sont sincèrement données à Dieu, qui ont fait des efforts généreux, même héroïques, pour lui prouver leur amour, comme on l'a vu pendant la dernière guerre, un moment critique arrive, où elles doivent abandonner une manière trop personnelle de juger et d'agir, fût-elle déjà élevée, pour entrer dans la voie de la véritable humilité, dans la voie de la « petite humilité », qui s'ignore elle-même, pour ne plus voir que Dieu.

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MessagePosté : 05 Mars 2020, 21:11 
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QUATRIÈME PARTIE

L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE IV
LA GRACE DU MOMENT PRÉSENT ET LA FIDÉLITÉ DANS LES PETITES CHOSES

La fidélité dans les petites choses
« Qui fidelis est in minimo, et in majori
fidelis est », (Luc, XVI, 10)


Et alors il peut arriver deux choses fort différentes : Ou bien l'âme voit d'elle-même le chemin à prendre, et elle le suit ; ou bien elle ne le voit pas et parfois s'égare dans son ascension au point de redescendre sans bien s'en apercevoir.

Voir ce chemin de la vraie humilité, c'est découvrir dans la vie courante, du matin au soir, des occasions de faire, pour l'amour de Dieu, des actes très petits en apparence, mais dont la répétition incessante est des plus précieuse et conduit à cette délicatesse envers Dieu et envers le prochain qui, lorsqu'elle est constante et profondément sincère, est la marque de la charité parfaite.

Les actes qui sont alors demandés à l'âme sont fort simples, ils passent inaperçus ; il n'y a en eux aucune prise pour l'amour-propre ; Dieu seul les voit, et il semble même à l'âme qu'elle ne lui offre pour ainsi dire rien. Mais ces actes, dit saint Thomas[80], sont comme les gouttes d'eau qui tombent toujours au même endroit et qui à la longue creusent la pierre.

Et c'est ainsi que s'opère peu à peu véritablement l'assimilation des grâces reçues. Ainsi ces grâces pénètrent l'âme et toutes ses facultés, en les surélevant, et peu à peu tout se met au point surnaturellement comme il le faut. Sans cette fidélité dans les petites choses en esprit de foi, d'amour, d'humilité, de patience et de douceur, il n'y a pas pénétration de la vie active, c'est-à-dire de la vie courante de tous les jours, par la vie contemplative. Celle-ci reste comme au sommet de l'intelligence ; elle y est plus spéculative que contemplative, elle ne pénètre pas notre existence, notre manière de vivre ; elle reste presque stérile, tandis qu'elle devrait être chaque jour plus féconde.

Ceci est d'une importance souveraine. Saint François de Sales en a plusieurs fois parlé[81]. Sous une autre forme saint Thomas dit la même chose lorsqu'il nous enseigne, nous l'avons vu, qu'il n'y a pas dans la réalité concrète de notre vie un seul acte délibéré qui soit, hic et nunc, moralement indifférent[82].

Tous les actes délibérés d'un être raisonnable doivent être raisonnables, avoir une fin honnête, et tous les actes d'un chrétien doivent être au moins virtuellement ordonnés à Dieu aimé par-dessus tout. C'est ce qui montre l'importance des actes multiples que nous avons à accomplir chaque jour : ils sont très petits peut-être en eux-mêmes, mais grands par leur rapport à Dieu et par l'esprit de foi, d'amour, d'humilité, de longanimité, avec lequel nous devons les accomplir et les offrir à Dieu.

Le moment critique, dont nous parlons, marque un tournant difficile dans la vie spirituelle de bien des âmes qui ont été assez avancées, et qui courent risque de redescendre.
Arrivée là, si l'âme qui s'est montrée généreuse, héroïque même, mais avec une manière encore beaucoup trop personnelle de juger et d'agir, ne s'aperçoit pas qu'il faut changer, elle continue à marcher en vertu d'une vitesse acquise, et sa prière et son action ne sont plus ce qu'elles doivent être. Il y a là un réel danger. Cette âme peut devenir pour toujours une âme attardée, son développement peut s'arrêter, comme celui d'un nain devenu difforme ; ou bien elle peut prendre une fausse direction.

Au lieu de l'humilité vraie, peut se développer en elle une espèce d'orgueil raffiné, et malheureusement presque inconscient, qui n'apparaît guère d'abord que dans les détails de la vie courante, et qui pour cette raison est ignoré des directeurs qui ne vivent pas avec ceux qu'ils dirigent. Cet orgueil prend rapidement la forme d'une certaine désinvolture ironique, pour devenir ensuite une amertume, qui stérilise tout en se répandant sur toute la vie quotidienne, dans les rapports avec le prochain. Cette amertume peut devenir rancœur et mépris du prochain qu'il faudrait aimer pour l'amour de Dieu. Quand une âme en arrive là, il est difficile de l'amener à faire de saintes réflexions, pour qu'elle revienne au point où elle s'est trompée de route. C'est à la Vierge Marie qu'il faut recommander ces âmes ; souvent elle seule peut les ramener dans le droit chemin[83].

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MessagePosté : 06 Mars 2020, 21:40 
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L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE IV
LA GRACE DU MOMENT PRÉSENT ET LA FIDÉLITÉ DANS LES PETITES CHOSES

La fidélité dans les petites choses
« Qui fidelis est in minimo, et in majori fidelis est », (Luc, XVI, 10)


Pour remédier au mal dont nous parlons, il faut rendre les âmes très attentives à la grâce du moment, et à la fidélité dans les petites choses.

« Ce ne sont point les idées ni les paroles tumultueuses qui doivent nous déterminer à agir, dit encore le Père de Caussade ; car, étant seules, ces idées et ces paroles ne servent qu'à enfler... Il ne faudrait se guider que par ce que Dieu donne à souffrir et à faire ; et on laisse cette substance divine, pour occuper son esprit des merveilles historiques de l'ouvrage divin, au lieu de les accroître par sa fidélité ! Les merveilles de cet ouvrage, qui satisfont notre curiosité dans nos lectures, ne servent souvent qu'à nous dégoûter de ces choses petites en apparence, par lesquelles l'amour divin ferait en nous de grandes choses, si nous ne les méprisions pas.

Insensés que nous sommes ! Nous admirons, nous bénissons cette action divine dans les écrits qui racontent son histoire ; et, lorsqu'elle veut la continuer en écrivant sur nos cœurs, nous tenons le papier dans une inquiétude continuelle et nous empêchons l'action divine de s'exercer par la curiosité de voir ce qu'elle fait en nous et ce qu'elle fait ailleurs... Je veux me renfermer dans l'unique affaire du moment présent, pour vous aimer, mon Dieu, pour m'acquitter de mes obligations et pour vous laisser faire ».

C'est ce que dit l'adage courant : « Age quod agis ».

Alors, si nous faisons vraiment notre possible pour être ainsi fidèles au Seigneur au jour le jour dans les petites choses, il nous donnera certainement la force de lui être fidèles aussi dans les circonstances difficiles et très pénibles, s'il permet que nous y soyons placés. Ainsi se vérifieront les paroles de l'Évangile : « A chaque jour suffit sa peine ». - « Celui qui est fidèle dans les petites choses est fidèle aussi dans les grandes ».

CHAPITRE V
CONDUITE DE LA PROVIDENCE A L'ÉGARD DE CEUX
QUI S'ABANDONNENT PLEINEMENT A ELLE

« Justum deduxit Dominus per vias
rectas et ostendit illi regnum Dei. -
Le Seigneur conduit le juste par des voies droites et lui montre le règne de Dieu »


La fidélité au devoir quotidien par la docilité à la grâce qui nous est offerte de minute en minute ne tarde pas à être récompensée par une assistance spéciale de la Providence à l'égard de ceux qui s'abandonnent ainsi filialement à elle. On peut dire que cette assistance se manifeste surtout de trois façons, sur lesquelles il convient d'insister : La Providence conduit particulièrement ces âmes dans leurs obscurités ; elle les défend contre les ennemis du bien et elle les vivifie intérieurement de plus en plus.

Comment Dieu guide-t-il les âmes qui s'abandonnent à lui ?
Il les éclaire par les dons de sagesse, d'intelligence, de science et de conseil, que nous avons reçus avec la grâce sanctifiante et la charité au baptême et plus encore à la confirmation. Ces dons, unis à ceux de piété, de force et de crainte filiale, sont dans les âmes imparfaites comme liés par les inclinations plus ou moins désordonnées, qui font vivre ces âmes à la superficie d'elles-mêmes, et les empêchent d'être attentives aux inspirations du Maître intérieur.

Ces dons ont été souvent comparés aux voiles qui rendent la barque docile au souffle du vent favorable ; mais dans les âmes imparfaites ils sont comme des voiles repliées, qui ne reçoivent pour ainsi dire pas l'impulsion du vent. Lorsqu'au contraire une âme, en faisant le possible pour accomplir son devoir quotidien, pour ramer comme il faut, s'abandonne au Seigneur, il lui envoie des inspirations d'abord latentes, confuses, mais qui, si elles sont bien reçues, deviennent de plus en plus nombreuses, pressantes et lumineuses.

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MessagePosté : 08 Mars 2020, 07:45 
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L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE V
CONDUITE DE LA PROVIDENCE A L'ÉGARD DE CEUX
QUI S'ABANDONNENT PLEINEMENT A ELLE


« Justum deduxit Dominus per vias
rectas et ostendit illi regnum Dei. -

Alors au milieu des événements agréables ou pénibles, des inégalités d'humeur, des sécheresses spirituelles, des pièges du démon ou des hommes, de leurs défiances ou jalousies, l'âme reste en paix, en sa partie supérieure du moins, car elle est intimement persuadée que Dieu la conduit, et en s'abandonnant à Lui, elle ne cherche qu'à faire sa volonté à Lui, sans rien désirer de plus. Ainsi elle le trouve sous toutes les apparences, et se sert de tout pour s'unir à Lui ; même le péché lui rappelle par contraste son infinie grandeur.

Alors se réalise de plus en plus la parole de saint Jean l'Évangéliste aux fidèles à qui il écrit sa première Épître : « l'onction que vous avez reçue de Dieu demeure en vous, et vous n'avez pas besoin que personne vous enseigne ; mais comme son onction vous enseigne sur toutes choses, cet enseignement est véritable et n'est point un mensonge » I Joan., II, 27.

L'âme alors a moins besoin de raisonnements, de méthodes pour prier, méditer, se conduire ; sa manière de penser et de vouloir est devenue plus simple ; elle suit davantage en elle l'action de Dieu, qui se manifeste, moins par l'idée que par instinct, ou par la nécessité des circonstances mêmes, qui ne permettent pas d'agir autrement. Elle est saisie du sens profond de telle parole de l'Évangile qui ne l'avait pas frappée jusque-là. Le Seigneur lui donne l'intelligence des Écritures, comme il le fit pour les deux disciples qui allaient à Emmaüs. Les sermons les plus simples l'éclairent, elle y trouve des trésors, car Dieu se sert d'eux pour l'éclairer lui-même, comme un très grand artiste avec l'instrument le plus ordinaire, avec le plus pauvre crayon, fait un chef-d'œuvre, une admirable figure du Christ ou de la Vierge.

Sans doute dans cette conduite de Dieu à l'égard des âmes qui s'abandonnent à lui, il y a certes de grandes obscurités, des énigmes, des choses déconcertantes et impénétrables, c'est vrai. Mais le Seigneur les fait tourner au bien spirituel de ces âmes et elles verront un jour que les anges trouvaient un sujet de joie en ce qui parfois les a profondément désolées.

Bien plus, par ces obscurités mêmes Dieu éclaire les âmes, au moment où il paraît les aveugler. Lorsqu'en effet les choses sensibles, qui nous charmaient et nous fascinaient, s'effacent, les choses spirituelles commencent à apparaître dans toute leur grandeur ; il arrive qu'un roi déchu, comme Louis XVI en perdant son trône, s'aperçoit plus que jamais de la grandeur de l'Évangile et de bien des grâces qu'il avait déjà reçues. Jusque-là il n'y prenait presque pas garde, parce qu'il était trop absorbé par l'éclat des choses extérieures de son royaume. C'est le royaume des cieux qui maintenant se montre à lui.

C'est une grande loi du monde spirituel, que l'obscurité supérieure des choses divines nous éclaire plus en un sens que l'évidence des choses terrestres. Nous avons un symbole de cette loi dans l'ordre sensible. Si surprenant que cela paraisse au premier abord, dans l'obscurité de la nuit nous voyons beaucoup plus loin que dans la clarté du jour ; il faut en effet que le soleil se cache, pour que les étoiles se montrent et pour que nous entrevoyions les profondeurs insondables du firmament.

Le spectacle que nous pouvons avoir en certaines nuits étoilées est parfois incomparablement plus beau que celui des jours les plus radieux. Le jour, notre vue certes peut s'étendre fort loin sur les régions qui nous entourent et jusqu'au soleil dont la lumière met environ huit minutes à venir jusqu'à nous. Mais dans l'obscurité de la nuit nous voyons d'un seul regard des milliers d'étoiles, dont la plus voisine met quatre ans et demi à nous envoyer sa lumière. Il en est de même au point de vue spirituel ; comme le soleil empêche de voir les étoiles, l'éclat de certaines choses humaines empêche de voir les splendeurs de la foi.

Il convient donc que la Providence supprime de temps en temps dans notre vie cet éclat des choses inférieures pour nous permettre d'entrevoir des choses beaucoup plus hautes et plus précieuses pour notre âme et notre salut.

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MessagePosté : 08 Mars 2020, 22:00 
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CHAPITRE V
CONDUITE DE LA PROVIDENCE A L'ÉGARD DE CEUX
QUI S'ABANDONNENT PLEINEMENT A ELLE

« Justum deduxit Dominus per vias
rectas et ostendit illi regnum Dei. -


Il y a même souvent, dans l'ordre spirituel, comme dans l'ordre physique, alternance du jour et de la nuit. Le livre de l'Imitation en parle à plusieurs reprises. Si nous étions trop tristes de ces crépuscules, le Seigneur pourrait nous répondre : comment te manifester autrement ces milliers d'étoiles qui ne se peuvent voir que dans la nuit ?

Ici se vérifie la parole de Notre-Seigneur : « Qui sequitur me, non ambulat in tenebris. Celui qui me suit, ne marche pas dans les ténèbres » Jean, VIII, 12. La lumière de la foi chasse les ténèbres inférieures de l'ignorance, du péché et de la damnation, dit saint Thomas, in Joann., VIII, 12.

Bien plus, l'obscurité divine, qui provient d'une lumière supérieure, trop forte pour nos faibles yeux, nous éclaire à sa façon, elle nous fait entrevoir non plus seulement les profondeurs du firmament, mais les profondeurs de Dieu et le mystère des voies de sa Providence. Saint Paul dit I Cor., II, 6 : « Il est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n'est pas celle de ce siècle, ni des princes de ce siècle; dont le règne va finir. Nous prêchons une sagesse de Dieu mystérieuse et cachée, que Dieu, avant les siècles, avait destinée à notre glorification.

Cette sagesse, nul des princes de ce siècle ne l'a connue ; ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de la gloire. Mais ce sont, comme il est écrit, des choses que l'œil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont pas montées au cœur de l'homme, - des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. C'est à nous que Dieu les a révélées par son Esprit ; car l'Esprit pénètre tout, même les profondeurs de Dieu ».

Ainsi le Seigneur a sa manière à lui d'éclairer les âmes sur sa vie intime et sur les secrets de ses voies ; il semble parfois les aveugler ; c'est alors en réalité qu'il leur donne une lumière plus haute, au moment même où une lumière inférieure disparaît. Pour les saints la lumière de gloire suit immédiatement les obscurités de la mort.

On s'attriste autour d'eux de voir la vie présente passer si vite et s'éteindre; ils sont heureux de la voir finir pour entrer dans la vie qui ne passe pas.

Dans le cours de notre vie, s'il y a des heures où tout paraît désespéré, si, comme le dit Tauler, les mâts du navire sont brisés, et, si celui-ci, au milieu de la tempête, est réduit à n'être plus qu'un radeau, c'est le moment de s'abandonner pleinement, totalement à Dieu, sans plus aucune réserve, et si nous le faisons de toute notre âme, c'est l'heure où le Seigneur prend lui-même immédiatement la direction de notre vie, car lui seul peut nous sauver. Justum deduxit Dominus per vias rectas et ostendit illi regnum Dei. - Mais Dieu ne se contente pas de conduire le juste.

Dieu défend les âmes qui s'abandonnent à lui contre les ennemis du bien

C'est ce que nous dit saint Paul dans l'Épître aux Romains, VIII, 31 : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? Lui qui n'a pas épargné son propre Fils, mais qui l'a livré à la mort pour nous tous, comment avec lui ne nous donnera-t-il pas toutes choses ? » Le livre de la Sagesse, V, 17, dit des justes qui s'abandonnent avec confiance au Seigneur : « il les protégera de sa droite, et son bras les couvrira comme un bouclier ».

La Providence dirige tout ; même les plus petites circonstances qui paraissent insignifiantes sont en sa main, il n'y a pas de hasard pour elle ; et alors elle peut très facilement déjouer par un petit fait imprévu les savants calculs des ennemis du bien. On le voit par exemple dans la vie de Joseph vendu par ses frères. Si au moment où ils voulaient le mettre à mort, des marchands Ismaélites n'étaient pas passés par là, comme par hasard, ils l'auraient laissé dans la citerne où ils l'avaient jeté. Mais ces marchands étant survenus à cette heure et non pas une heure plus tard, comme de toute éternité Dieu l'avait ordonné, Joseph fut vendu comme un esclave. Et ainsi amené en Égypte, il devint plus tard le bienfaiteur de ceux qui avaient voulu le perdre. Rappelons-nous aussi l'histoire d'Esther, celle du prophète Daniel et de tant d'autres. De même et plus encore à la naissance de Notre-Seigneur.

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MessagePosté : 09 Mars 2020, 22:13 
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CHAPITRE V
CONDUITE DE LA PROVIDENCE A L'ÉGARD DE CEUX
QUI S'ABANDONNENT PLEINEMENT A ELLE

Dieu défend les âmes qui s'abandonnent à lui contre les ennemis du bien


Hérode organise tout pour mettre à mort le Messie, il demande aux Mages venus d'Orient de l'informer exactement de l'enfant ; mais ceux-ci, « avertis en songe de ne point retourner vers Hérode, regagnent leur pays par un autre chemin » Matth., II, 12. « Alors Hérode voyant que les Mages s'étaient joués de lui... ordonne le massacre de tous les enfants qui étaient dans Bethléem et dans les environs », mais un ange du Seigneur apparut à Joseph pendant son sommeil pour lui dire de soustraire l'enfant à la colère du roi et de fuir en Égypte.

Dans la vie des justes l'intervention d'un ange gardien, qui sur l'ordre de Dieu donne une bonne pensée, soit dans le sommeil, soit dans l'état de veille, n'est pas un miracle, c'est un fait providentiel assez fréquent dans la vie de ceux qui s'abandonnent pleinement à Dieu. Il est dit dans le Psaume 90, 10 : « Le malheur ne viendra pas jusqu'à toi, aucun fléau n'approchera de ta tente, car le Seigneur ordonnera à ses anges de te garder dans toutes tes voies. Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte contre la pierre ».

Sans doute il ne faut pas tenter Dieu, mais en faisant quotidiennement son devoir, il faut s'en remettre humblement à lui, et il défend ceux qui s'abandonnent ainsi, comme la mère défend son enfant. S'il permet la persécution extérieure souvent bien douloureuse, comme il la permit contre son Fils, il ne permet pas que le juste perde courage en cette persécution, il le soutient invisiblement ; et si celui-ci dans un moment d'égarement comme Pierre vient à tomber, il le relève et le conduit au port du salut.

Les saints disent même que l'âme qui s'abandonne à Dieu, au lieu de résister à ses ennemis, trouve en eux d'utiles auxiliaires. « Il n'y a, dit le P. de Caussade[86], rien de plus sûr à opposer à la prudence de la chair que la simplicité ; elle en élude admirablement toutes les ruses sans les connaître, sans y penser même. Avoir affaire à une âme simple, c'est en quelque sorte avoir affaire à Dieu. Quelle mesure prendre contre le Tout-Puissant, dont les voies sont inscrutables ? Dieu prend en main la cause de l'âme simple il n'est pas nécessaire qu'elle étudie les intrigues... (qu'on trame contre elle)... L'action divine lui inspire et lui fait prendre des mesures si justes, qu'elle surprend ceux qui la veulent surprendre.

Elle profite de leurs efforts... Ce sont des galériens, qui mènent au port à toutes rames... Toutes les contrariétés lui tournent à bien... Tout ce qu'elle doit craindre, c'est de se mettre elle-même de la partie... (en troublant) un travail où elle n'a rien à faire qu'à voir en paix ce que Dieu fait et à suivre avec simplicité les attraits qu'il lui donne... L'âme qui s'abandonne ainsi à Dieu peut s'abstenir de rien faire ou dire pour sa justification : l'action divine la justifie ». Ainsi en est-il dans la vie des saints, et la voie qu'ils ont suivie, n'est-elle pas, toutes proportions gardées, celle que nous devons suivre ?

Pendant la dernière guerre, au milieu des circonstances difficiles, bien des gens disaient sur un ton plus ou moins dégagé : « Il ne faut pas s'en faire ». C'était la matérialisation égoïste de la doctrine dont nous parlons. L'âme de cette doctrine, c'est l'abandon confiant à la Providence. Si cet abandon confiant n'existe plus, dans les recettes de vie comme celle-là : « il ne faut pas s'en faire », il n'y a plus qu'un corps sans âme, une formule, qui ne vaut que ce que vaut encore l'énergie morale de la personne qui s'en sert.

Lorsqu'on a quitté la voie salutaire dont nous parlons, voilà ce qui reste des plus hautes maximes de vie : une formule morte qui peut servir à tout excuser. Et pourtant la lumière de vie de l'Évangile est offerte à tous. L'hostie consacrée, qui est élevée tous les matins sur l'autel, est offerte pour tous, et tous pourraient s'unir à cette oblation.

C'est un immense malheur de lui préférer cette idole : la pièce d'or, et de mettre à la place de la confiance en Dieu, unie au travail de tous les jours, l'orgueilleuse assurance fondée sur le calcul humain. L'homme se met alors à la place de Dieu, il tue en lui les vertus théologales ; il est à l'antipode de la doctrine dont nous parlons, qui est par excellence la doctrine de vie.

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